LES BUVEURS MODERES D'ALCOOL SERAIENT PLUS INTELLIGENTS
Une nouvelle étude scientifique vient d'apporter un peu d'eau au moulin de ceux
qui continuent de défendre les vertus d'une consommation modérée d'alcool sur la
santé, à l'heure où le vin en particulier semble attaqué de toutes parts.
Une étude britannique réalisée sur plus de 6000 fonctionnaires d'outre-Manche
quadragénaires, indique que les consommateurs réguliers et modérés d'alcool se
révèlent meilleurs que les non-buveurs lors de tests fonctionnels cognitifs.
Des chercheurs de l'University College de Londres ont étudié le lien entre la
consommation d'alcool et la fonction cognitive, sur un groupe de 4272 hommes
et 1761 femmes.
Les participants à l'enquête centrée sur l'alcool et la fonction cognitive
ont été suivis pendant 11 ans. Ils ont été interrogés à intervalles réguliers et
devaient indiquer leur consommation d'alcool la semaine précédente. Tous étaient
âgés de 46 à 48 ans lorsqu'ils ont été soumis à des tests ayant pour but d'évaluer
leur mémoire à court-terme, leur capacité de raisonnement verbal et mathématique,
leur aisance à s'exprimer et leur vocabulaire. D'après les chercheurs londoniens,
les résultats sont sans ambiguïté: les personnes déclarant boire jusqu'à 8 verres
d'alcool par semaine, soit un verre par jour environ obtiennent des résultats
nettement supérieurs à ceux des non-buveurs.
Et les participants consommant plus de 30 verres, soit un peu plus de 3 verres
quotidiens ont eu, selon l'étude, des résultats encore meilleurs: ils présentaient
en tout cas le risque relatif le plus faible d'avoir une fonction cognitive
médiocre.
L'effet bénéfique de l'alcool sur la fonction cognitive s'est révélé supérieur
chez les femmes, peut-être en raison de la façon différente dont elles
métabolisent l'alcool. Cette association entre l'alcool et les capacités
intellectuelles n'est pas réservées, selon les chercheurs aux seules personnes
présentant une maladie vasculaire. La relation alcool et facultés cognitives ne
s'explique pas non plus par l'âge, le fait de fumer ou non, l'état de santé
physique ou mental, le taux de cholestérol ou la tension artérielle.
Les scientifiques londoniens auteurs de l'étude avancent cependant quelques
hypothèses. Le niveau social ou la pratique d'activités de loisirs contribuant
à développer les capacités cognitives peuvent être impliqués.
Mais l'alcool pourrait aussi être directement à l'origine d'une bonne fonction
cognitive: "il est bien connu que l'alcool est lié à des taux réduits de
maladies cardio-vasculaires et d'athérosclérose... L'alcool diminue aussi le
risque d'occlusion artérielle cérébrale et augmente le flux sanguin cérébral,
ce qui améliore la fonction cognitive", souligne le professeur Michael Marmot,
l'un des auteurs de l'étude.